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vet-avef.com v 4_3 " nouvellefenetre.document.write(contents) nouvellefenetre.document.close() nouvellefenetre.resizeTo(dx+100,dy+100) } Les gestes à faire pour améliorer la bouche d’un cheval

Les gestes à faire pour améliorer la bouche d’un cheval

 

Pierre CHUIT,     clientèle équine  à   CH-1297 Founex      Suisse     pachuit

 

 

dent de loup - 1ère  prémolaire supérieure – 105 et 205

 

La commissure des lèvres pincée par l’embouchure contre la dent de loup peut se blesser.  Ces blessures se situent soit sur le pli de la commissure , le plus fréquent, soit sur la face interne de la bouche ou soit plus rarement sur la face externe.

Le fait d’évulser cette dent de loup et d’arrondir la face antérieure de la 2ème prémolaire supérieure règle le problème.

 

Cette dent de loup n’est pas toujours accolée à la 2ème prémolaire et sur le même alignement que les prémolaires et molaires, elle peut tout aussi être écartée et dans le même axe ou pas et prendre des directions différentes. De temps à autre on la perçoit sous la gencive, elle est occulte ou cachée . La dent de loup étant une dent définitive, il est inutile de penser qu’elle va sortir, son éruption se fait entre 6 à 12 mois.

Si l’on a l’impression, en la caressant,  qu’elle offre une agressivité au toucher, il est de bon ton de l’évulser. Si on est en présence de blessures, il faut l’évulser sans tarder.

Pour les dents de loup occultes, on prendra avantageusement l’avis du cavalier, pour savoir si elles  occasionnent une gêne ou pas à moins qu’en appuyant le pouce sur le site on déclenche des réactions de douleur.

 

 

Technique d’évulsion des dents de loup extériorisées

 

Contention

Une bonne tranquillisation est de rigueur, l’anesthésie locale mentionnée par certains auteurs est peut être un plus, quoique placer le point d’anesthésie au bon endroit n’est pas toujours aisé si le patient n’est pas coopératif et de plus avec l’expérience, il apparaît que l’intervention semble très peu dolosive pour le patient.

 

Accès

Avec ou sans pas d’âne.  Le pas d’âne Hausmann[1] à plaques dentaires, s’il est confortable pour le cheval, est très peu pratique pour les gestes de l’opérateur. En revanche un pas d’âne de Schoupé[2]  ou presque semblable, le pas d’âne de Landmesser ou Landmeisser ou encore le coin de Bayer qui écarte les arcades par un appui unilatéral ou mieux un pas d’âne « Double Jeffrey [3] » avec son appui bilatéral, permettent une bonne visualisation et une bonne approche.  Une remarque cependant doit être faite, plus on écarte, plus les joues et les commissures des lèvres sont tendues et gênent l’accès.  Avec les écarteurs ou pas d’âne à appui unilatéral, ne portant que sur peu de surface, le danger qu’une dent s’enfonce ou se casse lorsque le cheval mord très fort est tout à fait possible !

Nombreux sont ceux qui interviennent sans pas d’âne, ce qui leur permet d’avoir une joue détendue.  Le désagrément est ne pas toujours pouvoir visionner l’action.  Il faut donc faire confiance principalement à la perception du bout de ses doigts.

Elévateurs

Les instruments de choix sont soit un élévateur tout simple , soit l’élévateur de Burgess qui consiste en un cylindre .

L’élévateur sert à repousser la gencive, à défaire, couper les ligaments dentaires et également à faire une action de levier pour évulser.

Dans l’action, dans le feu du mouvement, faire très attention à ne pas blesser le palais et surtout  l’artère palatine par un dérapage malencontreux d’un élévateur qui aurait échappé au contrôle de l’opérateur… Si toutefois cela devait se passer, placer immédiatement une bonne tamponnade pour assurer une bonne hémostase, la recherche de l’artère palatine et son clampage est fastidieuse et fait plus de mal que bien.

 

Daviers

Plusieurs modèles de davier sont à disposition, ils serviront à extraire la dent une fois désolidarisée de son attache. Les formes différentes permettent toutes les approches.  

 

Curettes

Parfois un morceau de racine cassée reste en place, on cherchera à l’extraire ou au moins à limer toutes esquilles qui pourraient blesser.  La plupart des auteurs reconnaissent que ces fractures de racines n’entraînent aucune pathologie. Jack EASLEY[i], quant à lui, est plus prudent et estime que ces esquilles de racines peuvent être source d’inflammation, d’irritation et juge qu’il est bon de les extraire après 7 à 14 jours.

 

Technique d’évulsion des dents de loup (105-205) occultes ou sous gingivales

 

Personnellement je pratique une incision de la gencive sur le sommet de la protubérance et ensuite repousse la gencive à l’aide d’un élévateur simple ou de Burgess et extrait avec un davier.

Jack EASLEY préconise de placer l’élévateur de Burgess sur la protubérance et l’enfoncer dans l’axe de la dent de loup. D’un seul coup, il perce la gencive et entoure la dent de loup, la dégage de ses attaches et l’extrait, l’instrument travaille comme un emporte-pièce.

A nouveau la nécessité de l’anesthésie locale peut être différemment appréciée, en effet, une fois le cylindre – emporte-pièce – de l’élévateur de Burgess appuyé, incrusté sur la gencive, le patient ne semble plus montrer des signes de douleur. 

Soins post-opératoires

 

Certains auteurs recommandent de ne pas placer une embouchure durant 2 à 3 jours, personnellement j’estime que cette mesure est parfois exagérée, en effet,  lors d’évulsion de dents de loup sans avoir dû recourir à une chirurgie excessive, le patient ne sera que très peu gêné. En revanche un lavage généreux au jet avec suffisamment de pression, quotidien ou bi-quotidien, ne pourra qu’accélérer la cicatrisation. Personnellement je ne prescris aucun anti-biotiques ni anti-inflammatoires pour la suite.  Bien que le site ne soit guère propice, si on a affaire à des poulains sans statut vaccinal antitétanique connu, un sérum serait une précaution face à sa responsabilité civile.

Lors de chirurgie plus lourde, il reste évident que l’emploi d’une bride sans acier, type Hackamore ou autre, peut être utile

 

 

Technique pour façonner la face rostrale de la 2ème prémolaire supérieure (106 – 206)  et de la 1ère prémolaire inférieure (306 – 406)

 

La face rostrale de la 2ème prémolaire supérieure, protégée ou non par une dent de loup, offre très souvent une procidence   , qui agit de même manière dolosive sur la commissure des lèvres que la dent de loup.  Pour pailler à cela on cherche à arrondir la face rostrale pour permettre aux commissures des lèvres de ne pas se faire coincer et pincer entre des éléments blessants . Ne pas chercher à diminuer l’extrémité libre en créant un biseau de la face rostrale à la face dorsale, on ne fait que diminuer la surface masticatoire.

 

Comme instrument de choix, nous avons la râpe manuelle avec une inclinaison de 20° environ, à deux sens ou alors à pousser, une meule électrique (DREMEL ou autres), une râpe électrique (EISENHUT-VET ou autre), bien que cette dernière semble peut appropriée par sa grandeur, un tour de main permet tout à fait d’exécuter un travail adéquat. L’emploi du rabot odontriteur ou d’un ciseau à dents pour accélérer une réduction de l’extrémité libre est réservé à ceux qui maîtrisent ces instruments parfaitement, en effet il n’est pas rare de casser la dent au mauvais endroit, voire de casser une bonne partie de la racine.   Cette remarque est également valable lors de l’emploi d’un coupe dent.

 

Il est possible que, selon l’agressivité des meules ou râpes, on perçoive à la palpation une surface encore rugueuse, ne pas chercher à corriger, car en quelques jours elle deviendra lisse. En revanche il faut que cette face rostrale soit exempte d’aspérité.

 

Technique pour niveler les tables et arrondir les crêtes d’émail sur les prémolaires et molaires supérieures (106 à 111 et 206 – 211)

 

Moins spectaculaire, mais tout aussi fréquente, est l’action dolosive des surdents acérées sur la face buccale des molaires supérieures qui, en formant des pans d’émail tranchant, vont être la cause de lésions plus ou moins importantes dans la joue .  Lors d’action de main, la paroi buccale de la joue va s’appuyer très fortement sur ces surdents, et le cheval peut montrer des signes de défense pour se soustraire à cette pression. 

Des blessures, style estafilades, sont fréquentes sur cette paroi buccale de la joue et le plus souvent à la hauteur des premières (109 – 209), deuxièmes (110 – 210) et troisièmes molaires (111 – 211).

Si le fait de supprimer les pointes est un acte relativement facile sur les prémolaires et la première molaire, cela devient parfois plus difficile pour la deuxième et troisième molaire.  Il faut des instruments minces, un patient coopérant, relaxé et une joue détendue. Une bonne tranquillisation et le fait de relâcher la tension du pas d’âne permet de détendre suffisamment la joue pour pratiquer l’intervention. Une râpe extra plate à main fera l’affaire pour atteindre la face buccale de la dernière molaire supérieure (111 – 211).

 

 

Coiffes, vestiges de prémolaires déciduales blessant la joue ou la langue

 

Entre 2 ans ½ et 4 ans, les prémolaires de lait vont faire place aux prémolaires définitives, les racines des vestiges ou des coiffes peuvent parfois prendre des formes agressives et qui blessent la joue et plus rarement la langue, le signal d’alarme sera que le jeune ne mange plus ou mal et, s’il est bridé, se défend…

 

L’évulsion des coiffes et un contrôle des tables fait des merveilles.


Photo annexe : 2ème prémolaire inférieure gauche (306) sur un 8 ans présentant une face antérieure très agressive par sa hauteur.

 

 



[1] Hausmann est très vraisemblablement son nom d’origine, on le retrouve dans un catalogue d’ESCULAPE édité par la maison Jetter & Scheerer à Tuttlingen dans les années 1930.  Plusieurs fois imités, il prend alors les noms de « Climax mouth, McPherson full mouth speculum »

[2] dans le commerce moderne, il est souvent appelé « pas d’âne américain, spool speculum, coil speculum, swale’s mouth speculum ». Petite remarque sur les pas d’âne à appui unilatéraux, ils sont parfois responsables d’enfoncer la dent sur laquelle ils se reposent.

[3] pas d’âne développé par Dale JEFFREY, M/EqD de la World Wide Equine, Inc.  P.O. Box 1040  Glenns Ferry, Idaho 83623



[i] BAKER G.J, EASLEY J., EQUINE DENTISTRY, éditions Saunders (1999), 226